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Le coin G

Le coin du germaniste

Qui ne s'est pas posé de questions sur les particulatités de la langue allemande, souvent considérées - à tort - comme des bizarreries inutiles ? Qui n'a jamais rencontré de problème de traduction ?

Cette rubrique s'étoffera au fur et à mesure de vos interrogations et des réponses que nous pourrons y apporter. N'hésitez pas à contacter coing@quimper-remscheid.eu chaque fois que vous vous poserez une question sur la langue allemande. Et si la réponse apportée dans la fiche ne vous satisfait pas ou vous semble obscure, insistez et demandez des précisions ! Nous améliorerons nos explications jusqu'à ce qu'elles deviennent claires.

Voici déjà quelques tentatives de réponses à des questions que nous nous sommes posées au hasard de nos rencontres ( Stammtisch, repas, réunions ... ).

GRAMMAIRE
EXPRESSIONS
PROBLÈMES DE TRADUCTION
NOSTALGIE
CURIOSITÉS




TIENS, UN REVENANT !

Cette expression, qu'on emploie en rencontrant quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis longtemps, fait allusion aux morts qui sont censés revenir parmi les vivants sous forme de fantômes.

Peut-on la traduire en allemand en conservant la même image ? Sans doute pas, car les mots qui désignent un "revenant" ne contiennent pas l'idée de "revenir parmi les vivants" :
  • Das Gespenst, der Geist
  • verbe "spuken" : es spukt in diesem Haus = cette maison est hantée
Cela dit, on trouve d'autres expressions, comme "Wer taucht denn da aus der Vensenkung auf?" ( Mais qui donc refait surface après avoir coulé ? " ). Ceux qui trouvent cette phrase un peu longue et difficile à mémoriser peuvent toujours se contenter de : "lebst du auch noch?" ( tu vis encore ? )


PRIMESAUTIER

DÉFINITION
Il faut d'abord s'entendre sur le sens de cet adjectif, peu employé et auquel chacun attribue une nuance personnelle. Après avoir consulté plusieurs dictionaires, nous pouvons donner la définition suivante, où le sens positif domine largement : spontanéité, vivacité, légèreté.

Une personne primesautière est quelqu'un qui se comporte de façon spontanée et agréable par sa légèreté, avec le risque cependant d'être un peu superficiel.

TRADUCTION EN ALLEMAND
Les traductions en allemand des dictionnaires bilingues sont peu nombreuses et moyennement satisfaisantes, voire inexactes :

- impulsiv (impulsif). Pas très satisfaisant, car il y a dans cet adjectif l'idée d'une force incontrôlée qui pousse à réagir.
- spontan (spontané). Pas faux, mais on sent bien qu'il manque quelque-chose.
- urwüchsig (naturel, nature, sans fard, authentique, sans affectation) Pas faux non plus, mais il manque la légèreté.
- heißblütig (qui réagit avec passion, mot à mot : qui a le sang chaud). Non !

SUGGESTION INTÉRESSANTE trouvée dans une brochure suisse consacrée à l'architecture en montagne, décrivant un hotel des Grisons. Nous ne savons pas si la langue d'origine est le français ou l'allemand.

" Varié, actif, primesautier, en un mot, différent - un design urbain sans fioritures et des espaces dépouillés "
" Vielseitig, aktiv, erfrischend anders - urbanes Design ohne Schnörkel und schlichte Räume "

L'adjectif / adverbe "erfrischend" (rafraîchissant) rend bien l'idée de légèreté agréable, et c'est une excellente piste de traduction. En parlant d'une personne, on pourrait dire "erfrischend spontan".

Qui a une meilleure idée ? Wer hat einen besseren Vorschlag?


MOULIN À PAROLES

En français l'image est claire : Un "moulin à paroles", c'est quelqu'un qui parle de façon continue et monocorde, comme un moulin qui tourne sans jamais s'arrêter. Quand il nous a fallu trouver un équivalent allemand pendant le stammtisch de mars 2016, nous avons d'abord proposé "Sprechmühle", sur le modèle de la "Gebetsmühle" ( Moulin à prières ). Mais non, pas de chance, ce mot n'existe pas !

En compilant plusieurs dictionnaires et moteurs de recherche, nous avons trouvé une quantité de traductions présentées comme équivalentes.  :
  • Labertasche, Plaudertasche, Schwätzer, Plappermaul, Quasselstrippe, Dampfplauderer,
  • wie ein Wasserfall reden, wie ein Mühlrad reden ...

En réalité cependant peu de ces propositions correspondent exactement à l'idée de "moulin à paroles". Presque toutes contiennent en effet un jugement de valeur sur le contenu du discours ( baratin, langue de bois, stupidités etc. ), ce qui n'est pas le cas de l'expression française. Après réflexion, notre meilleur choix sera donc : Wie ein Mühlrad reden, qui permet de conserver l'idée de "moulin" et reste assez neutre. Toutefois, il semble que cette expression ne soit pas très courante.

On peut aussi ne pas prendre de risque et se contenter de la traduction du pauvre, simple mais efficace : er/sie redet und redet ...


DER WERWOLF

C'est notre loup-garou, mot qui contient un pléonasme. En effet "garou" vient du germanique °wariwulf, qui signifie déjà "homme-loup". En ancien haut allemand "wër" signifie "homme", sens qu'on retrouve aujourd'hui dans le mot "Wergeld" ( = argent pour un homme > rançon ).

"Der Werwolf" est aussi le titre d'un poème de Christian Morgenstern (1871-1914) :

Ein Werwolf eines Nachts entwich
von Weib und Kind, und sich begab
an eines Dorfschullehrers Grab
und bat ihn: Bitte, beuge mich!

Der Dorfschulmeister stieg hinauf
auf seines Blechschilds Messingknauf
und sprach zum Wolf, der seine Pfoten
geduldig kreuzte vor dem Toten:
“Der Werwolf”, – sprach der gute Mann,
“des Weswolfs”- Genitiv sodann,
“dem Wemwolf” – Dativ, wie man’s nennt,
“den Wenwolf” – damit hat’s ein End.’

Dem Werwolf schmeichelten die Fälle,
er rollte seine Augenbälle.
Indessen, bat er, füge doch
zur Einzahl auch die Mehrzahl noch!
Der Dorfschulmeister aber mußte
gestehn, daß er von ihr nichts wußte.
Zwar Wölfe gäb’s in großer Schar,
doch “Wer” gäb’s nur im Singular.

Der Wolf erhob sich tränenblind –
er hatte ja doch Weib und Kind!!
Doch da er kein Gelehrter eben,
so schied er dankend und ergeben.

En gros : Un loup-garou se rend la nuit sur la tombe d'un maître d'école et lui demande "beuge mich!" ( = décline-moi ). Le maître d'école s'éxécute et décline les deux parties du mot "Werwolf" : "der Werwolf, des Weswolfs, dem Wemwolf, den Wenwolf". Le loup-garou est satisfait et demande au maître de continuer à décliner au pluriel. Mais celui-ci ne peut pas, car il y a bien un pluriel pour "Wolf" ( Wölfe ), mais pas pour "wer".


Écoutez le poème !

Tablettes et smartphones :
Si le lecteur ci-dessus ne fonctionne pas, cliquez ici


WENN NOT AM MANN IST

Mot à mot : Quand il y a nécessité à ( = pour ) l'homme.
De nombreuses traductions sont possibles suivant le contexte : Quand il y a urgence, en cas d'urgence, en cas de besoin, en cas de nécessité, quand le torchon brûle, etc.
Dans la version 2015 du " Bergisches Heimatlied ", Ede Wolff ajoute, comme entre parenthèses, " und an der Frau " ...


DAS KIND MIT DEM BADE AUSSCHÜTTEN

Expression totalement équivalente du français " jeter l'enfant / le bébé avec l'eau du bain ". Quelques remarques :
  • Le "e" de Bade est une vieille forme de datif qu'on rencontre assez souvent dans des expressions figées ( im Jahre, im Falle ) On trouve aussi les formes modernes sans "e" : mit dem Bad, im Jahr, im Fall
  • On peut renconter la forme das Kinde, qui est aussi archaïque. C'est le cas par exemple dans la version 2015 de l'hymne du Pays de Berg, où le "e" sert à ajouter une syllabe.
  • Parfois le verbe "ausschütten" est remplacé par son synonyme "ausgießen", et "Bad" par "Badewasser".


DAS SOMMERLOCH

Littéralement  " le trou de l'été ". C'est la période de l'année où les médias doivent se contenter d'informations de second ordre, car la vie politique, sociale, culturelle ou sportive tourne au ralenti. Pour les journaux et la télévision, c'est le temps des vaches maigres, en allemand " Sauregurkenzeit ", le temps des cornichons, c'est-à-dire une période de disette où l'on doit se contenter de peu.


NOYER LE POISSON

Définition : Éviter de répondre à une question en la noyant littéralement sous un flot de détails plus ou moins hors-sujet, afin d'embrouiller celui à qui on s'adresse.

Manifestement il n'existe pas d'expression équivalente en allemand. En effet, on trouve une quantité de traductions différentes, presque toutes inexactes. Citons quelques exemples :
  • Ablenkungsmanöver = manœuvre de diversion
  • um den heißen Brei herumreden = tourner autour du pot ( mot à mot : parler en tournant autour de la purée brûlante )
  • vertuschen = dissimuler
  • sich durchmogeln = s'en sortir en trichant
  • etwas unter den Teppich kehren = masquer, minimiser qqch, faire comme si cette chose n'existait pas, balayer un argument ( mot à mot : balayer une chose et cacher les balayures sous le tapis ).
  • (einer klaren Antwort) ausweichen = éviter une réponse claire.
  • (bewusst) Verwirrung stiften = créer (volontairement) de la confusion.
Si vous avez une meilleure suggestion, nous sommes preneurs.


IL PLEUT DES CORDES

  • Es regnet Bindfäden ( 11 800 ) = il pleut des ficelles.
  • Es regnet in Strömen ( 49 700 ), qui correspond presque littéralement au français " Il pleut à torrent(s) " (14 890)
  • Es regnet sintflutartig ( 10 200 ) = il pleut à la façon du déluge ( pluie diluvienne, c'est le déluge )

Entre parenthèses, le nombre d'occurences dans un moteur de recherche, indiquant la fréquence d'utilisation de chaque expression dans la langue réelle. Il s'agit d'un indicateur fiable, qu'il faut évidemment mettre en rapport avec le nombre de locuteurs de la langue considérée. À titre de comparaison, l'expression " il pleut / il tombe des cordes " donne 140 300 résultats dans Google, soit douze fois plus que " es regnet Bindfäden "
Chacun peut se livrer à cette expérience pour vérifier si une expression est courante ou non, à condition toutefois de taper l'expression entre guillements dans le moteur de recherche, afin que les mots qui la composent ne soient pas recherchés individuellement.

Citons trois autres langues germaniques, l'anglais, le néerlandais et le danois :

En anglais, il pleut des chats et des chiens : " It rains / It's raining cats and dogs " ( 398 500 )
En néerlandais, il pleut des tuyaux de pipes : " het regent pijpenstelen " ( 37 700 )
En danois, probablement emprunté à l'anglais : " det regner katte og hunde " ( 171 000 )



COMMENT TRADUIRE "GRAVURE" ET "ESTAMPE" ?

Problème de traduction intéressant, soulevé lors du Stammtisch du 22 mai 2014, et qui illustre parfaitement les difficultés que rencontrent régulièrement les interprètes et les traducteurs.
  • Première étape : Bien cerner la définition des mots à traduire. Dans le cas présent, nous avons consulté plusieurs dictionnaires, dont le "Dictionnaire historique de la langue française".
  • Ensuite seulement on peut chercher des équivalents allemands, en vérifiant la réalité de leur usage, notamment grâce à un moteur de recherche. Le "Duden" en ligne indique également la fréquence d'usage d'un mot sur une échelle de 1 à 5.
-oOo-

GRAVURE

[ Vient de l'ancien francique °graban, qui signifie creuser (Cf. l'allemand graben) ] Dans son sens moderne, "graver" signifie d'abord "entailler une matière dure pour y tracer quelque-chose", puis à partir du XVIIe siècle "tracer un dessin ou un texte sur une matière dure en vue de les reproduire par encrage", l'image obtenue étant nommée "gravure". Par extension, à partir du XIXe siècle, on appelle aussi "gravure" toute reproduction d'un dessin, d'un tableau etc. et en général toute illustration d'un livre.

ESTAMPE

[ Vient de l'italien stampa (verbe stampare = imprimer ), lui même venant du francique °stampôn qui signifie fouler, écraser (Cf. l'allemand stampfen) ]  Image imprimée, le plus souvent sur papier, après avoir été gravée sur métal, bois, etc ou dessinée sur un support lithographique. Une estampe est donc une gravure "vraie", au sens étymologique du terme, ou une lithographie.

-oOo-

EN ALLEMAND les deux mots existent :
  • Gravüre, emprunté au français, ne peut en principe s'employer que pour des images monochromes réalisées à partir de plaques de métal (cuivre, acier). Sont exclus les supports de gravure en bois et les lithographies, de même que les réalisations polychromes.Tout autre emploi serait erroné.
  • Estampe, prononcé à la française en allongeant la deuxième syllabe, a la même signification que le mot français.
Mais ces deux termes rares et assez pédants risquent d'être mal compris par une majorité de germanophones, comme c'est souvent le cas avec les mots d'origine étrangère (Fremdwörter). Mieux vaut donc les éviter !
On utilisera des mots de racine allemande, compréhensibles par tous, précis et différents selon la technique mise en œuvre.
  • Impression à partir de métal gravé : Stich, par exemple Kupferstich, Stahlstich (cuivre, acier)
  • Impression à partir de bois gravé : Holzschnitt. Les fameuses "estampes japonaises" sont des Farbholzschnitte, c'est-à-dire des images imprimées en couleur à partir de bois gravé. Remarque : Au lieu d'inviter une amie à admirer sa collection d'estampes japonaises, un Allemand proposera de lui montrer sa collection de timbres : "Komm, ich zeig' dir meine Briefmarkensammlung".
  • Impression lithographique : Lithographie, en allemand comme en français.
  • Impression à partir de métal gravé à l'acide (eau-forte) : Radierung

Pour traduire le français "gravure" quand il s'agit d'une illustration ou d'une reproduction de technique indéterminée, on utilisera selon le cas les mots Grafik, Zeichnung (dessin), Bild (tout type d'image), Abbildung (représentation, illustration) etc.



"GUTEN RUTSCH!"

Voilà une expression très imagée qu'on lit et qu'on entend très souvent en Allemagne au moment où nous souhaitons à nos amis et connaissances "de joyeuses fêtes", "une bonne année" ou encore "Bloavezh mad !"

"Guten Rutsch!" signifie en effet "Bonne glissade", l'expression complète étant : "Ich wünsche Dir (Euch, Ihnen) einen guten Rutsch ins neue Jahr", soit "Je te (vous) souhaite une bonne glissade vers la nouvelle année".

Certains prétendent que cette expression n'aurait en réalité rien à voir avec le verbe "rutschen" (glisser), mais serait une déformation de l'hébreu "Rosch ha-schana", signifiant "début de l'année". Possible ! Mais l'idée de cette glissade est tellement réjouissante qu'il serait dommage de la perdre, même si une trajectoire sur la glace est difficilement contrôlable et peut conduire à bien des imprévus ...

En 2009, l'émission "Karambolage" d'Arte consacrait une séquence à l'expression "Guten Rutsch!". Vous pouvez la revoir, l'écouter ou lire le texte en cliquant sur les liens suivants :




"ES IST" ou "DAS IST" ?

Les deux formes sont souvent à peu près équivalentes et utilisées l'une pour l'autre dans la langue parlée. Il y a cependant une différence, la même qu'en anglais entre "this" et "it" ( This is a car / it is a car ).

Dans presque tous les cas, on peut dire "es ist" sans risque d'erreur, alors que "das ist" a  un usage plus limité, car "das" est un démonstratif. Il faut donc qu'il y ait quelque-chose (un objet, un fait, une action …) à désigner :
  • "das ist eine Maus" ( ça, c'est une souris ) / "das ist dumm" ( ça, c'est bête ) . On peut aussi dire : "es ist eine Maus, es ist dumm"
  • "es ist acht Uhr" ( il est huit heures ) ou "es ist warm" ( il fait chaud ) : On ne peut pas dire "das ist", car on ne désigne rien.
  • "das ist warm" est possible, mais veut dire : Ça, c'est chaud, cet objet est chaud . On peut aussi dire dans ce sens : "es ist warm".
CONSEIL : Si on hésite, mieux vaut donc employer la forme "es ist", qui passe à peu près partout, alors que "das ist" a un usage plus restreint.

REMARQUE : De même, "der" et "die" sont souvent employés comme démonstratifs à la place de "er" et "sie" : "der ist verrückt" au lieu de "er ist verrückt" . On voit bien la nuance : Ce n'est pas seulement "il est fou", mais "ce type est fou", ce qui donne en français finistérien traduit du breton : "Çui-ci est fou".


POURQUOI LE VERBE EST-IL PLACÉ ( SI SOUVENT ) À LA FIN ?

RAPIDE ÉTAT DE LIEUX GRAMMATICAL :

1) En réalité, dans les propositions principales ou indépendantes, qui constituent la plus grande partie du discours, le verbe (1) occupe la deuxième place.
  • Mein Freund wohnt jetzt in Köln (mon ami habite maintenant à Cologne)
  • Jetzt wohnt mein Freund in Köln
  • Ich schenke jeden Sonntag meiner Mutter Blumen (J'offre chaque dimanche des fleurs à ma mère)
  • Meiner Mutter schenke ich jeden Sonntag Blumen
  • Jeden Sonntag schenke ich meiner Mutter Blumen
2) Quand le verbe est conjugué à une forme composée, c'est l'auxiliaire ( "haben" ou "sein" pour le passé composé, "werden" pour le futur ) qui occupe la deuxième place. Le participe passé (passé composé) ou l'infinitif (futur) est placé à la fin.
  • Ich habe letzte Nacht einen schönen Traum gemacht (J'ai fait un beau rêve la nuit dernière)
  • Letzte Nacht habe ich einen schönen Traum gemacht
  • Peter ist vermutlich nach Hause gefahren (Peter est probablement rentré chez lui)
  • Vermutlich ist Peter nach Hause gefahren
  • Wir werden zusammen eine Reise um die Welt machen (Nous ferons ensemble un voyage autour du monde)
  • Zusammen werden wir eine Reise um die Welt machen
3) Dans les propositions subordonnées , le verbe occupe la dernière place
  • Ich glaube, dass er kein Auto hat. (Je crois qu'il n'a pas d'auto)
  • Er schweigt, weil er kein Wort versteht (il se tait car il ne comprend pas un mot)
  • Weißt du, wo Katja geboren ist? (Sais-tu où Katja est née ?)
  • Hier ist das Buch, das ich für meinen Sohn gekauft habe. (Voici le livre que j'ai acheté pour mon fils)

POURQUOI CETTE "BIZARRERIE"?

La réponse à cette question est d'ordre philosophico-anthropologique. De nombreuses thèses y ont été consacrées et il ne saurait être question de les résumer ici. Disons simplement que l'environnement dans lequel vivent les peuples n'est pas sans effet sur leur vision du monde et l'ordre des priorités qui les animent, le langage étant un reflet de ces priorités :
  • L'action est-elle déterminée par une chaîne de circonstances et d'événements ?
  • Ou l'action est-elle première, les circonstances n'étant que secondaires ?
Selon une des thèses les plus répandues, les Européens du nord, vivant dans un environnement difficile, placeraient l'observation avant l'action. De leur côté, les Européens du sud agiraient en tenant moins compte des circonstances. Rapporté à l'époque moderne, on pourrait parler de plus grande spontanéité des "gens du sud" et de plus grande rigueur des "gens du nord" ...

Toujours est-il que la dernière place dans un discours est une place privilégiée, car c'est la dernière chose exprimée qui est la mieux retenue, et cela donne au verbe allemand un poids particulier.


CELA NE POSE-T-IL PAS DE PROBLÈME DE COMPRÉHENSION DANS UNE PHRASE LONGUE ?

Si, bien entendu. Mais il faut bien faire la distinction entre langue écrite et langue parlée. Le haut-allemand (langue écrite standard) est une construction quasi-artificielle, née de la "grammaticalisation" des dialectes germaniques à l'époque de Luther, avec des références au grec et au latin. C'est une langue littéraire et administrative, à côté de laquelle subsiste une langue parlée fortement dialectalisée.

Il arrive assez souvent, par exemple dans un discours politique alambiqué, que l'orateur se trompe de verbe ou de particule verbale à la fin de son envolée, ce qui peut conduire à des situations cocasses.

Dans la langue parlée ce risque n'existe pas, car on utilise surtout des propositions indépendantes où le verbe occupe la deuxième place, et les subordonnées sont généralement courtes.


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(1) Il s'agit du verbe conjugué à un mode personnel, c'est à dire aux six formes classiques de la conjugaison (je, tu, il ...), ce qui exclut les participes passés. Dans "Hans hat geschlafen", c'est l'auxiliaire "haben" qui est conjugué à un mode personnel.